26 décembre 2007
Design et ...contreplaqué dans la boutique de COMIN'DESIGN
Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler du design "côté culture..." en vous racontant ....
La Petite histoire du CONTREPLAQUE dans le mobilier …
Le contreplaqué est indispensable dans la création de meubles modernes. Avec ses couches multiples collées en croix il transforme une matière naturelle dans une technique qui change, étend et individualise les propriétés physiques du produit de base.
Les possibilités de le tordre, de le cintrer ou de mouler montrent qu’il n’y a quasiment pas de limites à l’imagination du designer.
Les premières expérimentations réussies datent de 1841 avec les travaux de Michael THONET et sa gamme célèbre de mobilier en contreplaqué.
En 1933 le finlandais Alvar AALTO a atteint encore un stade supérieur de mise en forme. Sa « chaise 41 » fut la première chaise indestructible en contreplaqué avec un siège suspendu sur les accoudoirs et qui est toujours éditée par ARTEK.
mise de scène de la "CHAISE 41"
LA CHAISE "41"
LE TABOURET "60"
Charles and Ray Eames ont poussé cette matière à ses limites en créant dans les années 50, des sculptures abstraites, des mobiliers pour enfants et la fameuse “Longe Chair’’.
Au cours de nombreux essais réalisés pendant de longues années, Charles et Ray Eames étaient à la recherche de nouvelles techniques permettant d’adapter le mieux possible le bois stratifié moulé en trois dimensions à la silhouette du corps humain. Le fruit de ce travail est le Plywood Group dont l’assise, le dossier et le piètement sont en bois lamellé collé moulé.
Les lignes organiques et la chaleur confortable dégagée par le bois invitent à adopter une position décontractée. Le LCW, dont l’assise et le dossier mais également le piètement sont en bois stratifié moulé, est désormais à nouveau disponible avec un revêtement de peau, tel qu’il avait été présenté en 1946 lors de son lancement sur le marché.
Matériaux : bois stratifié façonné de frêne, assise et dossier reliés au piètement par des éléments en caoutchouc et métal (shock mounts).
Dans les années 60 et 70, ce matériau perdit un peu de son interêt avec l’arrivée du plastique mais il fut relancé dans les années 80 grace à Jasper Morrison.
Depuis lors, VITRA produit sa “Plywood Chair”
Dans les années 60 et 70, ce matériau perdit un peu de son interêt avec l’arrivée du plastique mais il fut relancé dans les années 80 grace à Jasper Morrison.
Depuis lors, VITRA produit sa “Plywood Chair”
Au vu de la quantité de mobilier produite grace à ce matériau fantastique, il en résulte de nombreux « classiques du Design »
Voici un petit florilège des plus belles réalisations :
La Chaise « Torsio » de Hanspieter STEIGER -2002

La « Cross check Chair » de Franck O GEHRY – 1989/1992
Inspiré par les épluchures de pommes, Franck O Gehry eu l’idée d’utiliser des bandelettes de contreplaqué pour créer cette chaise …
La chaise « Powerplay » de Franck O GEHRY – 1989/1992
La chaise « High stiking » de Franck O GEHRY – 1989/1992
HANS SANDGREN JAKOBSEN – Tabouret - 1998
PETER KARPF – TRI VOXIA COLLECTION - 1995
A très bientot sur "DECO A GOGO " !!!
J'èspère que cet article vous a ouvert les yeux sur le processus de Design et le travail du designer , dans sa recherche constante d'améliorer votre cadre de vie !!
LA "PLYWOOD CHAIR" de JASPER MORRISON
20 décembre 2007
Un petit bonjour à tous nos visiteurs !
Bonjour à tous !
Mais devrais-je dire aussi Hello, Ola, Guttentag...et d'autres "bonjour" encore dans des langues que je ne connais pas !!
Hé oui cela est très encourageant, vous êtes de plus en plus nombreux à passer nous faire une petite visite... de France et de Navarre, Pérou, Afrique, Canada, Brésil ... et bien d'autres...
En lançant ce blog je ne pensais pas atteindre des contrées si lointaines... Vive la Magie d'Internet !!
Trève de blabla ! vous devez penser que depuis le 15/12 je me la joue cool car aucun message ...mais que font-ils chez Déco à GOGO ? Hé bien ils peuvent aussi tomber malades ...je ne rentre pas dans le détail mais un petit virus carabiné m'est tombé dessus, je ne vous raconte pas !!
Enfin tous semble rentré dans l'ordre...enfin pour moi car j'ai quand même contaminé ma petite famille au passage!!
Je reprends donc la plume et la souris de ce pas pour vous concocter des articles toujours plus variés !
N'hésitez pas à vous abonner à notre flux RSS pour être informés automatiquement de mes nouveaux messages !
N'hésitez pas non plus à me laisser des messages car c'est encore bien timide de ce côté là ....
J'aimerais tant savoir ce qui vous interresse ! je me ferais un plaisir d'aller vous le chercher sur la toile ou ailleurs !! Non Non je ne m'appelle pas Lycos tout de même !!
Allez-y exprimez vous et j'espère bientôt vous annoncer une bonne nouvelle avec la naissance de notre site chéri qui j'èspere deviendra vite votre site favori !! Nous sentons les premières contractions ça ne saurait tarder !!
Soyez à l'affut car une bonne surprise vous attends !!
Allez je vous laisse pour aujourd'hui , bonne lecture CIAO CIAO !!
11 décembre 2007
Customisez votre papier peint ! par la coach déco de COMIN'DESIGN
CUSTOMISEZ VOTRE PAPIER PEINT !!!!
REGARDEZ CE QUE L'ON PEUT FAIRE.....
SUR DES FLEURS ,
On étoffe les fleurs du papier en y collant des pétales et des feuilles en tissu. On peut aussi les fixer avec de l’adhésif double face.
La Droguerie, 9, rue du Jour, Paris-1er, et dans les merceries.
On redessine les contours des fleurs du papier avec un gel-colle pailleté comme la Glitter Glue de Uhu.
Dans les magasins de loisirs créatifs ou de bricolage.
SUR DES ANIMAUX ......
Ils sont fréquents dans les chambres d’enfants. On y ajoute des petits pompons multicolores, que l’on fixe avec de la colle, du double-face ou des mini-punaises, à la place de la queue des animaux par exemple.
SUR DES MOTIFS EMPIRE,
On souligne les motifs en y collant des cabochons en strass. En verre ou en plastique.
La Droguerie ou dans les boutiques de perles.
SUR DES RAYURES,
On ajoute des « rayures » faites de rubans de différentes couleurs mais assorties : avec de la colle à tissu, on colle les rubans à la suite les uns des autres, et à la verticale du sol au plafond, en suivant les rayures du papier afin qu’ils soient bien droits.
La Droguerie
On colle des chromos : ces planches de motifs à découper existent dans une grande variété de sujets : fleurs, légumes, personnages, animaux, etc.
Pain d’Epices, 29, passage Jouffroy, Paris-9e.
Variante : les stickers (à commander sur www.nouvellesimages.com)
SUR LA TOILE DE JOUY,
A la façon du designer Mat & Jewski, on colorie certains personnages avec des Stabilo de toutes les couleurs. Variante arty et plus minutieuse : on peint les personnages avec une palette de peintures à l’eau pour enfants.
SUR DU PAPIER UNI ...
On applique une frise à l’horizontale, le long du plafond ou de la plinthe ou carrément à la verticale, sur un seul pan de mur.
Dans les magasins de bricolage. A Paris, on adore les frises très tendance de la boutique Brunschwig & Fils, 8, rue du Mail, Paris-2e.
On applique, par trois ou plus, comme des bouquets de fleurs, des petits napperons en papier dentelle. Existent en blanc, or ou argent.
Dans les grandes surfaces style Monoprix.
On joue la tendance typo en écrivant un mot, une phrase, voire un extrait de poème au pochoir. L’astuce express : on remplit les lettres du pochoir au gros feutre, aucun risque de bavure.
Dans les magasins de bricolage.
Bonne déco et à très bientôt !!!
Design contre Design : Expo Grand Palais 26/09/07 au 06/01/08
DESIGN CONTRE DESIGN...
Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux. http://www.rmn.fr/design/02parcours/06.html
Depuis les années soixante et le choc post-moderne des années quatre-vingt le mot « design » est en crise. Chacun y voit ce qu’il veut et ce mot longtemps interdit dans le langage institutionnel en France connaît une telle inflation qu’il est devenu synonyme de « bien dessiné » voire « d’objet tendance ».
Zaha Hadid, 2003
Bois laminé, micro-feuilles d’aluminium,
laqué à feu
208 x 268 x 200 cm
Edition Sawaya & Moroni, Milan ;
Edition de 9 exemplaires
Collection Anke Bornemann and Harald Seick
Cologne
© Manufacturer Sawaya & Moroni, Milan, Italy – Anke Bornemann + Harald Seick
Design contre design propose de confronter des objets et des meubles de l’environnement domestique de la révolution industrielle à nos jours. Plutôt que de raconter une chronologie aujourd’hui trop complexe, elle met en parallèle, juxtapose, propose des courts circuits dans le temps destinés à créer la surprise et des dialogues entre les choses. Dialogue mis en valeur par les essais du catalogue, tous transversaux : design et l’art, la mode, l’architecture, le cinéma, la bande dessinée, l’humour, le roman.
LA FORME
L’exposition débute par des rapprochements formels : la droite et la géométrie, la courbe et le biomorphisme, jusqu’aux jeux avec la forme qui conduisent au déséquilibre, au difforme l’informe. Un escalier-tabouret de bibliothèque dessiné par Joseph Hoffmann en 1903 comparé une œuvre de Sol Lewitt, un canapé de Dannhauser en bois (1825) juxtaposés à une chaise longue « bubble » en carton ondulé de l’architecte Frank O.Gehry de 1979 permettent de s’interroger sur les rapports des formes et des techniques. C’est pour un salon néo-rococo, que Thonet a dessiné ses premières chaises qui sont devenues les « chaises bistrot ». Et que le fauteuil dit Wassily de Marcel Breuer (1925) doit plus sa forme aux phantasmes nomades de la bicyclette et de la chaise de camping du 19° siècle qu’à un « bon design ».
Phantasy Landscape
1970
Verner Panton (1926-1998)
Bois, mousse caoutchouc, laine
Installation pour l’exposition « Visiona 2 » au Salon du meuble de Cologne de 1970
Reconstruction partielle, Vitra Design Museum 2000, soutenu par KVADRAT
Weil am Rhein, Vitra Design Museum
LE CONTEXTE
L’exposition s’intéresse ensuite aux influences du contexte sur la création industrielle : comment ce qui environne l’objet peut lui donner corps, de l’usager lui-même - l’être humain - à la nature prise sous ses diverses formes. De la Donna de Gaetano Pesce au Fantôme de Roger Tallon, l’objet devient un double, un partenaire. Les végétaux donnent leurs lignes ou leur image. Les animaux se laissent domestiquer en bars, consoles, voire en sièges. Des grottes baroques aux tapis de Piero Gilardi le minéral lui même donne sa note qui nous relie à nos ancêtres les Flintstone. L’objet, récupéré depuis Duchamp, contribue aussi à la création. Des fauteuils russes «retour à la terre » de 1880 aux accumulations des frères Campana ou de StuartHaygarth, l’objet industriel ou de rebut connaît une nouvelle vie.
Pools & Pouf!
Robert Stadler, 2004
Ensemble de 5 objets \"pour s\'asseoir\", cuir capitonné, PVC, contreplaqué
Elément1: ht 98x245x90 cm / élément2: 72x108x10 cm / éléments3 et 4: 37x48x10 cm
élément5: 40x33x33 cm
Edition Klaus Engelhorn
FRAC Nord Pas de Calais, Dunkerque
© Photo: Patrick Gries
L’ARCHITECTURE
Des meubles architecturés aux meubles habitacles, la différence s’établit entre l’objet inspiré par l’architecture et l’objet qui se veut architecture. Cabinets classiques de Piero Fornassetti, Tours d’Ettore Sottsass, «Coucher de soleil sur Manhattan » de Gaetano Pesce jouent avec les proportions et nos fantasmes de Gulliver. Mais dès que le siège devient coque, que le canapé se replie sur lui même, il crée une enveloppe protectrice qui nous isole et nous protège. Du siège coque Biedermeier à la sphère d’Eero Aarnio au lit clos des frères Bouroullec, se lit une tendance vers l’habitacle partagée par nombre d’artistes ou d’architectes contemporains.
Radiateur
Joris Laarman, 2003
Béton, fibre de verre, éléments de plomberie
65 x 250 x 100 cm
FRAC Nord Pas de Calais, Dunkerque
© photo de Bas Helbers - DR
LES STYLES
Temps de respirations, les deux rotondes qui servent d’articulation aux galeries évoquent la persistance des styles occidentaux ou exotiques autour de quelques pièces phares comme le bureau Cinderella Jeroen Verhoeven, le radiateur en rinceaux de béton de Joris Laarman ou le canapé éclaté de Robert Stadler.
Trois pièces monumentales ancrent le parcours : un banc Iceberg de Zaha Hadid, la chambre utérus de l’atelier Van Lieshout et une Visiona de Verner Panton.
Table Cinderella
Jeroen Verhoeven, 2005
Premier prototype, fait à la main
Contre-plaqué de bouleau
81 x 132 x 100 cm
Demakersvan, Jeroen Verhoeven, Rotterdam
© Demakersvan / Jeroen Verhoeven
Avec tout ça...si ça ne vous a pas donné envie d'y aller faire un tour !! alors je ne sais plus quoi vous proposer !!
Galeries nationales du Grand Palais
Entrée square Jean Perrin Tél.: 01 44 13 17 17
A bientot pour de nouvelles aventures !
10 décembre 2007
LE DESIGN : QU’EST-CE QUE C’EST ?
LE DESIGN : QU’EST-CE QUE C’EST ?
Il n’existe pas de définition unique du design.
Chaque époque, chaque courant, chaque culture réinvente
"sa" définition du design.
D’un point de vue ………..ACADEMIQUE
Design (dizajn ou design) n.m. (mot anglais), discipline visant à une harmonisation de l’environnement humain, depuis la conception des objets usuels jusqu’à l’aménagement des sites.
Petit Larousse, avant 1989
Design (dizajn ou design) n.m. (mot anglais), discipline visant à la création d’objets, d’environnements, d’œuvres graphiques, etc. , à la fois fonctionnels, esthétiques et conformes aux impératifs d’une production industrielle.
Petit Larousse, depuis 1989
Design (dizajn, dezajn) n.m. (v. 1965 : mot anglais, dessin, plan, esquisse). Anglicisme. Esthétique industrielle appliquée à la recherche de formes nouvelles et adaptées à leur fonction (pour les objets utilitaires, les meubles, l’habitat en général).
"Le design (…) doit être la conjonction d’une idée esthétique du créateur, d’une réalité industrielle, d’un réseau de distribution et des goûts d’une clientèle." (Le Monde, 12.6.1971)
Adj. D’un esthétisme moderne et fonctionnel. Des meubles design.
Petit Robert, dictionnaire de la langue française
"Le design a l’avantage de signifier à la fois dessein et dessin. Dessein indique le propre de l’objet industriel qui est que tout se décide au départ, au moment du projet , tandis que dans l’objet ancien fait à la main, le projet se différenciait en cours d’exécution. Et dessin précise que, dans le projet, le designer n’a pas à s’occuper des fonctionnements purs, affaires de l’ingénieur, mais seulement de la disposition et de la forme des organes dans l’espace et dans le temps, c’est-à-dire de la configuration."
Encyclopedia Universalis 1990
"Le design est une activité créatrice dont le but est de déterminer les qualités formelles des objets produits industriellement. Par qualité formelle, on ne doit pas seulement entendre les qualités extérieures, mais surtout les relations structurelles et fonctionnelles qui font de l’objet une unité cohérente."
Thomas Maldonado, ICSID, International Council of Industrial Design
Là vous vous y voyez .... hein .....et là vous vous y voyez aussi je parie !!.....................
D’un point de vue …….HISTORIQUE "Le mot design utilisé en France, est emprunté à l’anglais design, qui signifie, au XVIIe siècle, "plan d’un ouvrage d’art". Le mot anglais est lui-même d’origine français, latine, designare. Il provient de "dessein" et de ses dérivés "dessigner" ou "desseigner" qui signifiaient à la fois dessiner, montrer, indiquer. Les notions de dessin et de dessein se superposent tout d’abord, mais c’est aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne que le mot design prend un sens élargi à toutes les productions d’objets ou de signes, à la fois industrielles et artisanales (on lui adjoint généralement un adjectif : graphic design, product design, shelter design). Aux Etats-Unis, le mot design s’impose après la crise de 1929, avec la création des première agences d’esthétique industrielle, notamment celle de Raymond Loewy, pionnier de la profession d’industrial designer. L’usage du mot traverse l’Atlantique et gagne l’Europe d’après-guerre. Il marque un avantage conceptuel sur l’allemand gestaltung (plus proche du dessin) ou l’italien progettazione (plus proche du projet). Il faudra attendre les années 60 pour qu’il s’étende en France, remplaçant l’expression "esthétique industrielle", sous l’influence de Jacques Viénot, fondateur de l’agence Technès (1949) et l’arrivée dans cette agence de Roger Tallon. Le mot entre définitivement dans le vocabulaire industriel en 1965, date à laquelle la revue Esthétique Industrielle de Jacques Viénot devient Design Industrie. Dans les années 60, sous l’influence des théoriciens et sociologues (Jean Baudrillard, Gilbert Simondon, Edgar Morin, Michel Ragon, Hoffenberg et Lapidus), le design, rarement cité, prend un sens nouveau en se dégageant de la pure production d’objets, absorbant les notions de signes, besoins et discours social. Parallèlement, il se banalise dans le grand public jusqu’à signifier, un "style design", généralement en plastique orange, puis rouge, ou en bois, donc scandinave. Dans les années 80, le design est surmédiatisé et utilisé pour caractériser de multiples productions, de celles d’Ikea au mobilier en pièces uniques vendu dans les galeries d’art. A partir de 1990 et surtout après la guerre du Golfe, la mode disparaît, tout comme les rubriques de design de la plupart des journaux grand public, [...]. Le design réapparaît un peu plus tard, vers le milieu des années 90, qualifié de "modeste". Il reprend alors le chemin des grandes entreprises (Renault, création de la Direction du Design Industriel, Thomson Multimedia et l’arrivée de Philippe Starck en 1993), où il est utilisé pour l’image du produit, sa différenciation avec la concurrence et la motivation interne de l’entreprise. Le dictionnaire Petit Robert en donne la définition suivante : "esthétique industrielle appliquée à la recherche des formes nouvelles et adaptée à leurs fonctions". En 1994, le projet de loi Toubon le destinait à se franciser en "stylique" et en "styliqueur", avant que l’on ne fasse état de ses origines françaises. Le mot design a servi de base à de nombreux dérivés : global design, initié par les grandes firmes américaines dans les années 50 (IBM, Knoll), anti-design, mouvement italien de remise en cause de l’idéologie fonctionnaliste (Archizoom Associati et Superstudio, fin des années 60), design radical (Memphis, Alchimia, 1980), bio-design inspiré par Luigi Colani et son intérêt pour l’ergonomie (1985). Il est intéressant de noter qu’en 1996, la profession de designer n’a toujours pas de statut officiel. Dictionnaire des Arts appliqués et du design - Editions du Regard
A plus tard pour les points de vues ....
PHILOSOPHIQUES
AFFECTIFS
FUTURISTES
CULTURELS .............du Design !!!
07 décembre 2007
CHASSEUSE DE TOILES ...
Anne-Cécile déniche, entre New York et New Delhi, les gammes de tissus dont elle habille ensuite de somptueuses demeures à Capri ou à Aspen. Portrait d’une décoratrice globe-trotteuse.
Par Juliette Lipman
« Tu viens travailler avec moi quand tu veux. Quand on a bon goût, on a bon goût pour tout », lui avait dit son ami Jean-Louis Deniot, architecte et décorateur. D’abord incrédule, Anne-Cécile Thirifays, qui travaillait dans la production cinématographique, a fini par se laisser tenter par l’aventure, il y a un an et demi.
L’univers des tissus, elle y avait tout juste goûté en accompagnant un ami créateur de mode pendant l’achat et la composition de ses gammes de tissus. Aujourd’hui, la jeune femme de 30 ans aux boucles blondes et au regard bleu pétillant a rejoint, en tant que responsable des tissus, l’équipe de dix personnes qui travaille pour Jean-Louis Deniot. Un métier qui la mène des luxueuses résidences secondaires de Capri aux véritables palais que s’offrent des clients industriels de New Delhi en passant par Aspen, les Hamptons ou encore les showrooms de New York.
Son travail consiste avant tout à écouter : elle doit traduire en matières, imprimés et nuances de couleurs les désirs de clients fortunés et exigeants, se représenter les lieux et leurs contraintes, puis assimiler les inspirations et directives de l’architecte. « On passe des heures à visiter les lieux, à prendre des notes et à faire des croquis », explique-t-elle. Puis, il faut sillonner les showrooms en quête d’inspiration, et collecter les échantillons qui servent de base de travail : « J’en accumule un maximum. J’essaie des combinaisons, je reprends, j’affine. Parfois ça marche tout de suite, parfois il me faut quatre mois pour parvenir à faire une bonne sélection. » …/…
« Je ne regarde jamais les prix des tissus »
Car pour monter une gamme de tissus, il faut prendre en compte à la fois les rideaux, les nappes, les descentes de lit, les banquettes, les lampes, les coussins… Sans oublier les finitions type pompons et cordelières. Toutes les différentes pièces d’une maison ou d’un appartement doivent « fonctionner entre elles », remarque Anne-Cécile.
Sa technique est simple et imparable : « J’aime, j’aime pas. » Mais il faut parfois résister à l’envie de placer un tissu que l’on aime particulièrement, au risque de s’éloigner du style de l’architecte ou des desiderata du client : « Leur intérieur doit correspondre à ce qu’ils sont et à l’image qu’ils veulent donner d’eux-mêmes. En revanche, je ne regarde jamais les prix. » Le budget, c’est Jean-Louis Deniot qui le négocie avec ses clients. Si Anne-Cécile peut parfois se rendre au marché Saint-Pierre, à Paris, pour un tissu basique comme le lin blanc, le réassort incertain la fait quasiment toujours opter pour des éditeurs de luxe, qui gardent les mêmes références en catalogue saison après saison.
« Avant de commencer à travailler avec Jean-Louis, je ne comprenais pas que l’on puisse être débordé en faisant de la décoration », s’amuse-t-elle. Aujourd’hui, elle enchaîne les journées marathon, et saute d’un avion à l’autre. « À New Delhi par exemple, nous avons travaillé non-stop, j’ai juste eu le temps de faire les marchés aux tissus. Pour l’inspiration. » Une ville où elle rêve en tout cas de retourner, peut-être même pour s’y installer… Ou peut-être pour y faire enfin du tourisme.
Ses adresses pros
À Paris :
Lelièvre, 13, rue du Mail, 75002. Tél. : 01 43 16 88 00.
Mokuba, 18, rue Montmartre, 75001. Tél. : 01 40 13 81 41. La meilleure adresse pour les rubans de luxe.
Place de Furstenberg, dans le 6e arrondissement. Également plusieurs grossistes.
Les grands éditeurs
Prelle, 5, place des Victoires, 75001. Tél. : 01 42 36 67 21. L’une des plus vieilles soieries lyonnaises.
Georges Le Manach, 31, rue du Quatre-Septembre, 75002. Tél. : 01 47 42 52 94. www.lemanach.fr
Autre grande maison de soie.
Jab, 155, bd Haussmann, 75008. Tél. : 01 53 89 00 00.
Pierre Frey, 27, rue du Mail, 75002. Tél. : 01 44 77 35 22.
Diurne, 45, rue Jacob, 75006. Tél. : 01 42 60 94 11. www.diurne.com
Une collection de tapis fabriqués au Tibet, d’inspirations classique et contemporaine.
À New York :
DDB (Decoration & Design Building) : un immeuble où sont rassemblés de nombreux showrooms de décoration new-yorkais. Pour les professionnels, mais les particuliers peuvent y tenter leur chance. 979
À New Delhi
Oberoi Hotel. Grand luxe, feutré et spacieux, un décor qui oscille entre modernité et influences indiennes, et un Spa sublime. www.oberoihotels.com
Elevate. Le dernier club à la mode de Delhi : au huitième étage d’un building avec une terrasse panoramique surplombant la ville, des animations digitales stupéfiantes et plusieurs ambiances sur quatre niveaux, de la plus techno à la plus VIP. À ne pas manquer, les euphorisantes soirées Banghra. www.elevateindia.com
Fabindia. Fondé en 1960, ce marché spécialisé dans les tissus et objets artisanaux est fréquenté par les Indiens aussi bien que par les touristes. Les objets vendus viennent de villages et sont fabriqués selon les principes du commerce équitable. www.fabindia.com
À New York
P.S.1 Contemporary Art Center
Chinatown Brasserie. Dim Sum et canard laqué dans un décor qui évoque le Shanghai des années 20 : colonnes, mobilier bistrot début de siècle en bois patiné, lampes chinoises fumées carmin et portes sculptées. 380 Lafayette Street. Tél. : 212 533 7000. www.chinatownbrasserie.com
À Milan :
Le Spa Guerlain du Carlton Hotel Baglioni. Bois précieux, mosaïques de verre et camaïeux de lumières, un endroit magique pour se ressourcer. Via Senato, 5. Tél. : 39 02 77077. www.baglionihotels.com
À Paris :
Le Petit Lutetia. La parfaite brasserie parisienne par excellence : décor Art nouveau, bar rutilant, cuisine savoureuse, convivialité et garçons qui semblent sortis tout droit des Brigades du Tigre. 107, rue de Sèvres, 75006. Tél. : 01 45 48 33 53.
05 décembre 2007
La tendance "BOLLIWOOD" avec COMIN'DESIGN
Tendance déco : Le Bollywood chez vous !
Article publié dans Architecture | article #11 |
Le Bollywood, contraction de Bombay et de Hollywood, est le nom informel donné à l'industrie du cinéma populaire de langue Hindi de l'Inde. Avec ses 800 films par an, il représente la plus grande industrie du cinéma au monde. Chansons rythmées, chorégraphies colorées, décors grandioses, histoires d’amour déchirantes et stars adulées font le succès des films de Bollywood.
Il s'agit en fait de récupérer le kitsch avec une représentation un peu simplifié du monde indien en utilisant quelques imageries religieuses indiennes : le dieu Ganesh, pour le monde occidental, a quelque chose de gentil et touchant.
Cette tendance plus baroque (vague spirituel, Inde, Orient, Boudhisme) succède donc au style minimaliste des années 80. Le côté gai, rassurant et happy end à l'image des films indiens font le bonheur des ménages d'aujourd'hui.
C'est au premier abord très kitsch mais si l'expression reste maîtrisée, une touche subtile de néo-romantisme transparait au travers de ces décors aux voilages mauves, rose poudrée, grandes fleurs stylisées, coussins à patchworks et pailletés, guirlandes lumineuses et encens à volonté.
MAC DONALD'S LANCE UNE NOUVELLE DECO !
Regardez bien cette photo. A votre avis de quoi s’agit-il ? D’un restaurant tendance ? Un bar lounge ? Un hotel design ? Faux, faux et encore faux. Il s’agit du dernier restaurant Mac Donald’s ouvert à Londres. Pour être précis, la chaine de hamburgers veut tester un nouveau concept avant son éventuelle généralisation dans le reste de son réseau. Franchement quand on voit cette déco flashy et design, on a vraiment hâte que ce Macdo new style arrive très bientôt dans l’hexagone. A noter que ce concept intègre le célèbre fauteuil Egg chair et la chaise Swan tous deux dessinés par l’architecte Danois Arne Jacobsen à la fin des années 50. Il est d’ailleurs assez marrant de trouver ces icônes du style de design organique dans un lieu populaire comme un MacDo alors qu’elles ont été conçues à l’origine pour un hotel de luxe. Un joli pied de nez de l’histoire et une preuve supplémentaire que le design peut toucher tous les espaces, même les plus communs. Ce Mac Donald’s nouvelle version se veut plus convivial et coloré, le pari est réussi.
03 décembre 2007
ORA ITO , Designer de la décénnie...
Ora Ito : "J'aspire à rendre le design démocratique et à le faire descendre dans les supermarchés"
A tout juste 30 ans, le Français Ora Ito est déjà LA star sur la scène internationale du design. Après avoir osé la toute première marque virtuelle en proposant des prototypes à partir de logos de grandes marques, ce petit audacieux a désormais tout d’un grand. Il a réalisé son rêve le plus cher : créer sa propre marque. Bien réelle cette fois-ci. Questions au jeune prodige.
En quelques mots, quel a été votre parcours ? Qu'est-ce qui vous a conduit vers la voie du design ?
Depuis que je suis jeune, je rêve de créer ma propre marque. J'ai vécu mon enfance dans un environnement artistique où j'ai appris que tout était possible si l'on se donnait corps et âme à ses objectifs. Dès que j'ai atteint l'âge de raison, je savais que l'art d'une manière générale était ma passion. Je suis entré en touriste à l'école Créapole, je n'y suis resté que quelques mois : juste assez pour apprendre que je ferais mieux de me jeter dans le bain directement plutôt que de suivre les années d'études qui m'attendaient si je ne m'étais pas dit un jour : "sans bagage on court plus vite". Dès le premier prétexte, j'ai quitté l'école pour voler de mes propres ailes... Je m'y sentais un peu comme un oiseau en cage.
"Je cherche toujours à surprendre et à être là où on ne m'attend pas"
Racontez-nous cette aventure "virtuelle" lorsque vous proposiez des prototypes à partir de logos de grandes marques. Quel était l'objectif ? Qu'est-ce que cela vous a apporté ?
A l'époque, je n'avais pas d'argent pour fabriquer en vrai les produits que je dessinais. Ainsi est née l'idée d'en faire des prototypes virtuels en utilisant l'imagerie 3D pour développer des produits et ce, dans tous les secteurs. L'idée de devenir la toute première marque virtuelle m'a amusé et par la suite, a fasciné rapidement les journalistes les plus "underground". Cela a fait un effet boule de neige autour de créations que seuls les yeux pouvaient toucher.
Quel a été le réel point de départ de votre carrière ?
Dès les premiers concepts virtuels, j'ai pour moi, commencé à bâtir les ferments d'une toute nouvelle marque de design capable de signer aussi bien une machine à laver qu'une paire d'escarpins. Une marque balayant tous les secteurs d'activité pour créer des objets harmonieux aux fonctions diverses. Depuis mes premiers pas, je construis cet univers de marque. Je l'avais d'ailleurs déjà initié avant même l'édition du moindre produit grâce au label virtuel, qui a été acquis par le fonds du Centre Georges Pompidou comme la seconde œuvre numérique française à rentrer dans le patrimoine des Musées.
Votre nom civil est Ito Morabito. Pourquoi avoir choisir un pseudo ?
Pour trois raisons : la première, c'est que je n'ai jamais souhaité utiliser ni les relations, ni l'argent de quiconque dans ma famille pour créer ORA-ITO car je me suis construit tout seul sans demander aucune aide. La seconde, c'est que ce que je fais n'a rien à voir avec les créations de mon père (le designer Pascal Morabito) ou de ma tante bien que je les admire tous deux comme de vrais artistes. Donc je ne souhaite pas qu'il y ait de confusion dans l'esprit des gens. Enfin, c'est qu'être le fils de quelqu'un de connu vous dessert prodigieusement dans l'univers de la création parce que les gens adorent coller des étiquettes. Et dire que je m'appelle Morabito peut laisser croire que je ne suis là que grâce à la notoriété de ma famille. Or, il n'en a jamais été question. J'ai toujours voulu avoir une indépendance totale vis-à-vis de mon père surtout, qui est un grand génie... Mais je n'ai jamais eu l'idée de marcher sur ses plate-bandes car je souhaitais faire mon propre chemin. C'est pourquoi cela me gêne lorsque l'on me pose la question. La famille et le travail de créateur que je fais ne sont pas liés. Même si j'ai baigné dans un univers culturel enrichissant, je ne suis pas un "fils à papa" à qui tout est arrivé tout cuit dans la bouche... J'ai galéré dans une chambre de bonne où on bossait à 3 dans 8 m² aux balbutiements d'ORA-ITO. Et que l'on imagine que mon parcours était pavé de diamants m'irrite.
Chaise "Petal" pour Cappellini
"Voici un des premiers éléments de mobilier que j'ai dessiné au moment où je débutais ma carrière de designer. J'ai été, à l'époque, le plus jeune designer au monde jamais édité par une maison aussi prestigieuse que Cappellini. C'est une chaise longue qui ressemble à tout sauf à une chaise longue. Cela représente un immense pétale de fleur, tout douillet, dans lequel on peut se blottir à deux ou se lover en fœtus à l'abri du monde extérieur."
Lit "Ayrton" pour Frighetto
"J'ai souhaité rendre hommage à Ayrton Sena en réalisant ce modèle dont les tables de chevets ont été intégrées au lit pour dessiner une contre-forme orange. Celle-ci dessine à son tour un décrochage pour servir de reposoir à la manière d'un dessin de circuit de Formule 1. Une seule ligne vient construire la structure de ce modèle pour répondre à toutes les fonctions dont on peut avoir besoin autour de son lit. Libre à vous, ensuite, d'utiliser ce lit pour y découvrir d'autres agréments."
Vous avez été très vite et surtout très jeune, projeté sur le devant de la scène dans le milieu du design. Comment l'avez-vous vécu ?
Avec le plus grand des bonheurs car j'en ai rêvé toute ma vie. Avec des doutes aussi qui permettent d'ailleurs de me remettre sans cesse en question. Ma jeunesse a été un atout pour moi car j'ai abordé des thématiques que n'abordent habituellement les designers ou les architectes qui ont passé les 50 ans... J'ai commencé à designer des produits pour le grand public alors que je n'avais que 20 ans. Cela m'a offert une liberté folle comme les piratages par exemple. Comme je débutais en tant qu'artiste sur la scène internationale, je n'avais pratiquement rien à perdre à faire les 400 coups tandis qu'un créateur établi se doit de veiller au bon déroulement de sa carrière, de son entreprise. Les designers aujourd'hui, pour pouvoir travailler, doivent s'entourer de plusieurs équipes indispensables afin de produire de nouveaux projets. Je ne pourrais certainement pas faire aujourd'hui ce que j'ai fait à 20 ans. Mais comme je suis un peu fou, rien n'est moins sûr !
Bureau "Kids@work" pour Habitat
"C'est un bureau pour développer les aptitudes artistiques des enfants. Leur créativité est toujours personnelle et troublante de beauté. J'ai moi-même toujours rêvé d'avoir un bureau fait spécialement à mes dimensions quand j'étais enfant... C'est aujourd'hui un rêve exaucé avec ce bureau "all included" pour petit artiste en herbe. On l'a appelé "kids@work" avec cette touche de second degré qui rappelle que c'est le seul endroit au monde où l'on est autorisé à faire travailler les enfants."
Que cherchez-vous à mettre en avant dans vos créations ? Quel est le fil rouge ?
Leur simplicité, leur évidence et leur originalité. Quand on m'a demandé de dessiner une petite bouteille d'eau pour Ogo, je me suis rendu compte que toutes les petites bouteilles d'eau étaient des réductions de grandes, elles-mêmes toutes à peu près semblables : cylindriques et verticales. J'ai donc décidé d'aller à contre-chemin pour imaginer une bouteille toute ronde, toute simple mais qui devenait un véritable objet de curiosité à côté des autres. Je cherche toujours à surprendre et à être là où on ne m'attend pas. Je peux faire une cuillère pour Danone un jour et le lendemain, travailler sur un concept très élitiste pour Guerlain.
Quelle est votre valeur ajoutée par rapport à ce qui se fait déjà ? En quoi pensez-vous et souhaitez-vous, vous démarquer dans vos créations ? Vous n'êtes pas particulièrement sensible aux "phénomènes" de mode…
Je cherche à créer des produits simples, universels et intemporels. Mon rêve serait qu'ils deviennent aussi transgénérationnels pour faire partie du patrimoine culturel des gens et des vrais gens, pas seulement un cercle restreint d'amateurs fortunés... Bien que je les aime aussi, car ils font vivre les designers. Mais j'aspire à rendre le design démocratique et à le faire descendre dans les supermarchés pour que tout le monde puisse y avoir accès. Mademoiselle Chanel disait : "la mode c'est ce qui se démode". Aussi, il est vrai que je m'affranchis totalement de toute notion de mode ; je m'intéresse plus globalement à ce qu'il y a de nouveau. Que cela soit à la mode me gêne plus qu'autre chose. En fait, cela me limite dans ma démarche d'ingénuité sur le territoire auquel je m'attache tour à tour, en posant à chaque fois un regard neuf.
Cuisine "Futuristic Kitchen" pour Gorenje
"Tout le monde le sait, je ne sais même pas faire cuire un œuf ! Alors imaginez-vous designer une cuisine fonctionnelle lorsque l'on connaît à peine l'existence de la pièce "cuisine" dans l'appartement ! Pour ce projet, j'ai donc beaucoup étudié les interactions auprès d'un vrai cuisinier, afin de créer un ensemble pensé pour faciliter la vie dans la cuisine."
Avez-vous des références et des exemples de créateurs dans le milieu, qui sont pour vous, des modèles et une véritable source d'inspiration ?
Je suis un fan des artistes qui, dans les années 1970, ont imaginé le monde que nous vivons aujourd'hui. Des réalisateurs de "2001 : l'odyssée de l'espace" aux couturiers tels Courrèges, ou des architectes comme André Bruyère pour son côté organique, m'ont toujours fait rêver. Je suis aussi un fan éperdu de la légende vivante qu'est Oscar Niemeyer. Mon rêve serait qu'il me passe le flambeau en me disant : fais ce que moi je n'ai pas eu le temps de faire. Sans plaisanter, je rêverais de concevoir une ville entière comme celle de Brasilia. Je trouve son travail et son regard sur l'architecture et les volumes, tout simplement fascinants de douceur et de force, de rondeurs et d'angles secs... C'est un monstre de génie.
"Je ne suis pas sectaire et j'adore créer à chaque fois une nouvelle surprise"
A quoi ressemble la maison ou l'appart d'Ora Ito ? Que privilégiez-vous comme produits ?
Il ne ressemble à rien car vous savez, les cordonniers sont les plus mal chaussés ! Il ne me correspond vraiment pas. Je viens de déménager dans un nouvel appartement qui ne me ressemble toujours pas mais qui a un mobilier intégré de Charlotte Perriand, ce qui compense le fait que le reste de l'appartement est à l'opposé de mon style. Je n'ai pas le temps de m'en occuper bien que mon manager me répète que c'est indispensable pour moi de vivre dans un espace à mon image... Je prendrai un jour le temps de m'en occuper vraiment et ce jour-là, je privilégierai la simplicité des volumes et des équipements. Ensuite, je m'attacherai aux surfaces, à leur rendu, leur texture, leur couleur, leur toucher, chaud ou froid, brillant ou mat. J'adore les matériaux nouveaux et les dernières technologies.
Téléphones, bouteilles de bière, boîte de nuit… Vous œuvrez dans des domaines très variés. Existe-t-il des projets que vous n'acceptez pas mais également d'autres secteurs que vous souhaiteriez explorer ?
J'ai la chance de pouvoir choisir les projets qui m'intéressent parmi les différentes propositions que l'on peut me faire chaque jour : faire un séminaire à Dubaï, prendre un brief en Slovénie, designer un trophée pour une chaîne de télé ou concevoir un hôtel... Il faut forcément faire un tri, autrement nous devrions être une équipe immense et cela deviendrait industriel. Je tiens à garder une équipe restreinte aux meilleurs spécialistes dans chaque domaine, avec lesquels je travaille depuis mes débuts. J'ai besoin de pouvoir suivre les projets et de connaître au moins les prénoms des gens qui travaillent sur les différents projets. Parfois, la demande d'un client est tellement énorme que je suis obligé de faire venir au studio des équipes supplémentaires. Le nombre de personnes s'ajuste ainsi en fonction du volume des projets mais l'équipe de base reste toujours la même. J'ai la chance de pouvoir dire non lorsque je ne partage pas les valeurs de la marque en question ou que je sens que je n'aurais pas vraiment la possibilité de m'exprimer dans le cadre du projet que l'on me confie. Il est vrai aussi qu'il y a des projets plus excitants que d'autres... Entre travailler pour Shiseido ou pour du pâté en croûte, cela n'a pas vraiment le même impact sur les gens. Bien que designer du pâté en croûte pourrait aussi m'amuser ! Je ne suis pas sectaire et j'adore être là où l'on ne m'attend pas pour pouvoir créer à chaque fois une nouvelle surprise.
Quelle est votre définition du design ?
Le design consiste à produire des objets qui vont rendre le quotidien des utilisateurs différent, nouveau, original... En bien ou en mal d'ailleurs !
D'où vous vient toute cette inspiration et cette originalité ?
De mes rêves d'enfance comme beaucoup d'artistes et j'étais un petit garçon très rêveur entouré par une famille aimante et très rêveuse elle aussi. Donc pour moi, le rêve fait partie du réel. Je les assouvis au fur et à mesure de ma vie.
Chaise "Evolution" pour Zanotta
"C'est pour moi une chaise plus que complète comme si l'on avait pris toutes les options pour la rendre non seulement confortable, mais également rassurante et statutaire. Son ergonomie épouse idéalement le corps. La partie appui-tête peut être enrichie d'un système audiophonique intégré et devenir ainsi une source de détente et de divertissement supplémentaire. L'intérieur est en gel gainé de cuir et l'extérieur, en fibre de verre. Le piétement est en acier poli rendant l'effet d'un miroir pour mieux s'effacer."
Faites-nous part de vos projets et de votre actualité.
Mes projets sont très diversifiés et c'est ce qui me plaît d'ailleurs. Je travaille à la fois sur un projet d'hôtel, un autre d'urbanisme, un site Internet révolutionnaire. Je crée également une nouvelle marque de cosmétique de luxe pour un grand groupe. Je participe aussi à de nombreux projets à caractère caritatif où je prends plaisir à offrir mes créations dans le but d'aider les plus démunis lors de ventes aux enchères ou d'événements auxquels je participe le plus régulièrement possible. Dans quelques jours, je vais me rendre à la Foire d'Art Basel à Miami. En parallèle, je développe des accessoires de mode et des objets usuels dans de nombreux univers très variés. Par ailleurs, je vais à la rencontre des jeunes et des étudiants lors de conférences et de séminaires où j'explique mon parcours. Je participe à des jurys pour des concours de jeunes designers. Bref, je suis un garçon plutôt occupé qui passe un temps fou dans l'avion mais qui vit son métier comme une véritable passion 24h/24.
Interview réalisée par L’INTERNAUTE
En savoir plus www.ora-ito.com




































