Déco à GOGO

De la déco, du design, des articles sur les tendances, des conseils, techniques de déco, des photos, des objets inhabituels , des meubles, fauteuils,cadres, miroirs,tables,

14 mai 2008

KARIM RASHID

3 Questions à Karim Rashid

   

Comment définiriez-vous cet objet étrange que vous venez de créer pour Veuve Clicquot?

Globalight est un seau à champagne lumineux qui est né tout simplement du dessin d'une bulle et je me suis dit: pourquoi ne pas faire quelque chose à partir de cette forme?

J'y ai ajouté de la lumière grâce à un système de LED, car cela évoque l'immatérialité du champagne. C'est aussi un clin d'oeil au chandelier d'antan, ainsi qu'à l'atmosphère à la fois intime et festive liée à cette boisson. Et, bien sûr, le tout est rose, votre couleur fétiche... Je trouve que le rose est la plus belle couleur du monde! Pour ma part, cela fait très longtemps qu'elle m'accompagne. Depuis toujours, je dirais.

Globalight par Karim RASHID pour Veuve Clicquot

Vous travaillez aussi bien pour l'univers du luxe que pour du design industriel. Qu'est-ce qui motive vos collaborations?

Mon moteur, c'est la nouveauté et l'innovation. Il faut que je sente chez mes interlocuteurs qu'il y a une volonté de créer et que nous sommes en phase. Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est de travailler pour le plus grand nombre. Je conçois le design comme le nouvel art démocratique. Et c'est, bien entendu, plus difficile de créer un produit de qualité avec un petit budget.

Le concept créé par Karim Rashid révolutionne complètement l’idée de radiateur et se développe dans une direction plus proche de la sculpture que du design !

Réalisé en deux configurations différentes « unité indépendante » et en « ligne », le radiateur conçu par Karim Rashid se présente sous la forme

d'un élément tubulaire sur lequel se placent plusieurs éléments "mobiles » de forme arrondie. Des « goutes » ou « haricots » en aluminium qui irradient

de la chaleur et peuvent aussi servir de support pour les serviettes ou simplement pour décorer un angle de votre maison en guise d’appoint du chauffage central.

Le tuyau de support contient une sonde qui pousse l’eau à l’entrée, du bas au sommet du radiateur. Dans la phase de retour, l'eau passe dans les différents éléments « haricot »

à travers des serpentins qui irradient la chaleur uniformément en la transmettant à la surface. Le raccord hydraulique est réalisé dans la base d’appui et utilise un robinet double équerre La version « unité indépendante », verticale, prévoit la double option électrique/hydraulique. Le fonctionnement électrique (avec résistance de 300-400W) permet de placer le

radiateur partout dans la maison. La version ligne est uniquement proposée en fonctionnement hydraulique. Dans ce cas les raccords sont placés à proximité des points

3D chaise longue by KARIM RASHID édité par Aïtali attention au porte monnaie (18 000 $)

Bon je m'arrête là car ce designer est tellement doué que je n'en finirais plus de vous montrer ses belles oeuvres

Votre DECOBLOGGEUSE

Posté par full38 à 12:19 - Les designers célèbres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pour suivre la tendance RECYCLAGE ET RECUP rendez-vous sur COMIN'DESIGN

Bonjour à toutes et à tous !!

Comme vous l'avez sans doute lu dans un récent "post" sur les dernières tendances à MILAN, l'actualité de la déco c'est aujourd'hui le recyclage, le détournement, la récup...

Il y a belle lurette qu'en Afrique les canettes de soda en métal sont transformées en voitures miniatures et qu'au Brésil les chutes de maillots de bain en Stretch composent des tapis. Là-bas, les matières et les objets ont toujours fait partie d'un grand processus de recyclage. En ces temps d'alerte rouge sur l'avenir de la planète, voilà que les pays riches se passionnent à leur tour pour les matériaux pauvres. Pas foncièrement écolos, mais citoyens responsables, les designers sont ainsi de plus en plus nombreux à s'insurger contre le gaspillage, n'hésitant plus à fouiller dans nos poubelles, à écumer fripes et brocantes pour dénicher la perle rare: une matière première déjà existante et prête pour une nouvelle vie au terme d'une lente et parfois laborieuse transformation. Car, après des années de bricolage, les créateurs subliment les rebuts comme jamais. Aussi élégantes que luxueuses, leurs réalisations n'ont plus rien à envier à leurs voisines flambant neuves.

C'est dans cet esprit que vient d'être lancée la dernière collection "POP ART" que vous retrouverez bientot en vente sur www.comin-design.com,

Alors pour vous faire une idée, voici un avant goût de cette collection !!

Soyez nombreux à nous donner votre avis ! réagissez !



Chaise
POP ART 

H90x46x46 cm
métal brossé, décor vernis, assise 100% polyester

Etagère
Range-CD POP ART    H120x40x25 cm     métal brossé, décor vernis

Etagère
range-cd POP ART demi-lune
set de 2 demi-lunes
H48.5x103.5x15 cm
métal brossé, décor vernis

SUPER NON ??? 

Guéridon
range-magazine POP ART
H46x40x40 cm
métal brossé, décor vernis

Alors ça vous a plu ?

A très bientôt !!

Votre "reclyclo" decobloggeuse !! 

Posté par full38 à 11:59 - Conseils et astuces déco - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE MEILLEUR DE MILAN ...LUTTER CONTRE LE GASPILLAGE EN CREANT UTILE !!

Bonjour à toutes et à tous !!

Il y a quelques jours se tenait à MILAN la 47e édition du Salon du Meuble, grand "messe" de tous les "pros" du design !

Plus silencieuse, modeste et responsable. Loin de la surenchère luxueuse et onirique qui avait marqué la précédente édition, les nouvelles collections de mobilier, présentées en avant-première dans la capitale lombarde, se sont recentrées sur des valeurs consacrées, comme la nature, la fonctionnalité, la «durabilité». Certes, on retrouvait ici ou là les postures désinvoltes d'un Jaime Hayon ou les visions science-fictionnelles d'une Zaha Hadid, mais l'heure est plutôt à l'économie, de gestes, de moyens, de matières. Le défi consiste désormais à lutter contre le gaspillage en créant utile. Et chacun a son idée sur la question. Dans un accent prophétique, Starck - tout juste nommé directeur artistique de la présidence française de l'Union européenne - proclamait à Milan qu'il fallait «non plus faire de design mais de la politique ou de l'écologie». Et que la longévité était «le paramètre le plus moderne du futur». Pour Marcel Wanders, directeur artistique de Moooi, il va sans dire qu'il faut fouiller dans le passé. Car «plus on essaiera d'être moderne, plus nos objets seront éphémères». A bon entendeur...

BB ITALIA MILAN DESIGN WEEK 2008

’canasta’ outdoor collection by patricia urquiola http://www.bebitalia.com 

Fan des années 1980, réjouissez-vous. Cette saison, éditeurs de mobilier et designers ont puisé leur inspiration dans les placards de cette décennie. Si loin, si proche... Rappelez-vous, le rose fluo, les formes géométriques tendance Rubik's Cube, le début du high-tech, les formes volumineuses, le goût pour les défis techniques. Tout revient par vague. A commencer par les designers stars de cette époque, comme Mario Bellini, auteur de la chaise Cab pour Cassina, et le Japonais Toshiyuki Kita, inventeur du fauteuil Wink, l'une des icônes des années 1980. Pour Meritalia (un éditeur fondé en 1987), ce dernier a créé la ligne Toki Sofa System, avec piston pneumatique et position amovible. Pas étonnant que le fabricant ait fait également appel à Karim Rashid, un aficionado du fluo, auteur d'une collection de rangement et d'assises pour le moins flashy. Dans une autre veine, le jeune Peter Traag signe pour Edra le fauteuil Sponge, tout en cuir rembourré, tendance Bibendum. A l'instar du Sumo de Xavier Lust pour Baleri ou du moelleux Heaven de Tokujin Yoshioka pour Cassina, en mousse de polyuréthanne expansé et ouate de polyester. Un design on ne peut plus informel pour un confort XXL.

Pourvu que ça dure...

Milan Design Week 2008 : Stand B&B Italia

’back’ leather chair by patricia urquiola

S'il est une tendance qui a gagné cette édition milanaise, c'est bien celle du développement durable. L'énergie verte semble enfin avoir contaminé la planète design. Tous, de Philippe Starck aux étudiants des écoles, n'ont plus qu'un mot à la bouche: l'écologie. Les réponses sont variées et le débat ouvert. Car, même si leurs objets ne sont pas étiquetés «bio», ils sont désormais tous concernés par un design respectueux de l'environnement, moins gaspilleur d'idées, de matières ou d'argent. Avec sa microéolienne translucide conçue par l'industriel italien Pramac, Starck compte bien défendre l'écologie pour tous: «Le combat de la démocratisation du design est déjà gagné, explique-t-il. La priorité aujourd'hui, c'est l'écologie, qui ne doit pas rester une idée inaccessible. Il est donc urgent de créer des produits sexy, faciles d'utilisation et peu chers.» Fan de recyclages en tout genre, la jeune génération tente, quant à elle, de produire peu et bien. Certains industriels vont même jusqu'à rompre avec la frénésie commerciale. Comme le finlandais Artek, qui n'a volontairement présenté sur son stand milanais aucune nouveauté, mais quelques créations phares, dont le tabouret 60 d'Alvar Aalto, conçu il y a soixante-quinze ans. Un symbole, s'il en est, d'originalité et de pérennité.

Le out est in

Milan Design Week 2008 : Karim Rashid

’blobulous’ chairs by karim rashid

Milan Design Week 2008 : Stand EDRA

stand EDRA

Milan Design Week 2008 : Stand EDRA

’aguapé’ by fernando and humberto campana

Milan Design Week 2008 : Stand EDRA

’odalisca’ by francesco binfarè

Milan Design Week 2008 : Stand EDRA

’sponge’ by peter traag

Les éditeurs de mobilier qui n'ont pas leur ligne outdoor se comptent désormais sur les doigts de la main. Il y a encore quelques années, on ne trouvait que les spécialistes de l'acier ou du teck sur ce marché, mais, depuis que le jardin s'est autoproclamé pièce à vivre, le choix est vaste. BtoB dévoilait, en janvier dernier, lors du Salon Maison Objet, sa ligne outdoor, forte d'une collection signée Patricia Urquiola. Zanotta vient de se lancer sur le créneau et édite pour l'occasion, en version extérieure, son célèbre Sacco. Pour Moroso, Tord Boontje a réalisé un ensemble de tables et de chaises de jardin dans la veine classico-onirique où il excelle. Et, quand ils ne créent pas spécialement pour l'extérieur, les spécialistes du mobilier en plastique (Kartell, Driade...) mettent en avant la polyvalence de leurs produits. Jamais le jardin n'aura été si accueillant.

Milan Design Week 2008 : Stand KARTELL

MILAN DESIGN WEEK 2008 STAND KARTELL

STAND KARTELL

ATOUT CUIR

Jamais il n'aura été si chic et tactile. Version chocolat, verni, mat ou légèrement glacé, le cuir s'impose comme la seconde peau des fauteuils et des canapés des nouvelles collections. Après la vogue du textile et des mailles tricotées, il rhabille tout avec une grande sobriété. En témoigne Teepee, la chaise sans couture au profil parfait de Konstantin Grcic pour Cassina, ou le fauteuil Monopod de Jasper Morrison. Initialement créé en liège en série limitée, toujours chez Vitra, il est cette fois gansé comme un fourreau. Chez B & B, Patricia Urquiola utilise le cuir telle une housse de voyage qui vient enserrer sa structure de chaise grâce à des fermetures Eclair. Pour Poltrona Frau, dont le cuir est la spécialité, le couple Doriana et Massimiliano Fuksas a imaginé Carolina, une coque en bois assortie d'un coussin version Chesterfield. Dans un tout autre style, l'architecte Dominique Perrault a cosigné avec sa collaboratrice Gaëlle Lauriot-Prévost un étonnant pouf baptisé Tricot: un coussin moelleux pris dans un filet de cuir perforé. Un nouveau concept d'assise pour un nouveau paysage domestique. Résolument tourné vers des matériaux nobles.

Milan Design Week 2008 : Stand Vitra

STAND VITRA

MILAN DESIGN WEEK 2008 STAND VITRA

’the duke + the duchess’ by greg lynn, 2007, limited edition of 12 pieces

Milan Design Week 2008 : Stand VITRA

’kimono chair’ by tokujin yoshioka, 2007, limited edition of 24

Milan Design Week 2008 : Stand VITRA

’chair’ by naoto fukasawa, 2007, limited edition of 12 each

Les 50 ans de l'OEuf de Jacobsen, le centenaire de la naissance de George Nelson, les 40 ans du Sacco, les 80 ans de Cassina... jamais on n'aura fêté autant d'anniversaires que cette année! Tout le monde y va de son expo commémorative et de son édition collector. En racontant son histoire, chaque fabricant inscrit son nom dans la chronologie du design. Et prouve ainsi qu'il est ou qu'il a été l'un des acteurs principaux de cette épopée fantastique. Les éditeurs en profitent pour ressortir des trésors de leurs armoires. Avec son exposition intitulée Reflets d'amitié, Christofle ne s'est pas contenté de présenter le travail d'orfèvre de l'architecte Gio Ponti, fondateur de la revue Domus, mais relance la production d'une grande partie de ses pièces. «Une façon de remettre en lumière le patrimoine de Christofle, souligne Brigitte Fitoussi, directrice artistique de la marque, et de montrer que ses racines sont modernes.»

J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche avec toutes ces nouveautés !!!

De quoi étudier pour toute l'équipe de COMIN'DESIGN et vous proposer prochainement encore plus de design !!

Votre décobloggeuse !! 

Posté par full38 à 11:23 - News - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

ANDREE PUTMANN

BONJOUR A TOUTES ET A TOUS !

Dans la catégorie "designers célèbres" aujourd'hui je vais vous parler d'une designer célèbre et reconnue par tous...

Une de ces femmes "précurseurs" grâce auxquelles nous pouvons à présent trouver notre place de femme dans la société...

Andrée Putman

Andrée Putman                                                         

«J'aime qu'un objet fasse des farces»

propos recueillis par Jean-Sébastien Stehli (L'express)

Elle file d'un hôtel à Hongkong à un appartement extravagant à Monaco, puis fait un détour par Shanghai… Elle vient de terminer la maison de BHL à Tanger, un laboratoire pharmaceutique à Bâle et rénove l'hôtel Morgans à Manhattan. Andrée Putman, «la Coco Chanel de l'architecture intérieure», comme l'a surnommée un magazine américain, est plus active que jamais. Ses propos ressemblent à ses projets: rigoureux et poétiques

Andrée Putman naît dans une famille bourgeoise de banquiers et notables d'origine lyonnaise. Son grand-père, Édouard Aynard, est le fondateur de la banque Maison Aynard et fils; sa grand-mère et épouse d'Édouard est Rose de Montgolfier, descendante de la famille des frères inventeurs du ballon à air chaud.

Andrée grandit dans le VIe arrondissement de Paris, rue des Grands Augustins. Enfant, elle passe la plupart de ses étés dans l'Abbaye de Fontenay, superbe édifice abritant jadis les ateliers des frères Montgolfier et racheté en 1906 par son grand-père Édouard. Cette première rencontre avec l'architecture va marquer durablement sa sensibilité artistique, forgeant son goût pour les espaces sobres, simples, voire austères.

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Pourtant, l'éducation artistique d'Andrée Putman passe d'abord par la musique : sa mère, Louise Saint-René Taillandier, la pousse elle et sa sœur dans l'apprentissage du piano. Andrée sort à dix-neuf ans du conservatoire de Paris, en recevant le prix d'harmonie. Cependant la vie d'ascète et de reclue qu'implique une véritable carrière musicale la rebute. Andrée Putman cherche dès lors une voie plus à même de satisfaire sa curiosité.

Début de carrière (1945-1977) 

C'est sur les conseils de sa grand-mère Madeleine Saint-René Taillandier qu'Andrée devient coursier pour la revue Femina, ce qui lui permet de cotoyer des personnalités artistiques tout en découvrant de nombreux lieux insolites de Paris. C'est grâce notamment à cette sensibilité pour l'espace qu'elle fait ses preuves dans la presse, comme styliste de plateaux (où sont photographiés les modèles de prêt-à-porter).

À la fin des années cinquante, Andrée Aynard épouse le collectionneur, éditeur et critique d'Art Jacques Putman, habitué du Café de Flore, avec qui elle fréquente des artistes contemporains, dont Pierre Alechinsky, Bram van Velde, Alberto Giacometti ou encore Niki de Saint Phalle. De leur union naissent deux enfants : le futur galeriste et écrivain[1] Cyrille Putman en 1962 et Olivia, sa cadette.

En 1958, à l'âge de 33 ans, Andrée Putman collabore avec la chaine Prisunic en tant que directrice artistique des rayons maison. Elle rencontre Michel Guy, avec qui elle découvre la vie noctambule parisienne, un ami sincère qui sera également un de ses premiers clients. Dès 1968 c'est dans l'agence de style Mafia qu'elle s'illustre. Elle est alors repérée par Didier Grumbach qui l'engage afin de créer une nouvelle société à l'origine orientée vers le développement du prêt-à-porter et du textile : Créateurs et Industriels.

C'est à cette période qu'Andrée Putman s'essaye à l'architecture d'intérieur : elle aménage pour la société des bureaux dans d'anciens locaux SNCF, puis plus tard redécore l'appartement new-yorkais de Grumbach.

Les années quatre-vingt (1978-1995

En 1978, Andrée Putman divorce, la société Créateurs et Industriel fait banqueroute. Michel Guy héberge Andrée Putman et la convainc de lancer sa propre société : Ecart International. En plus des quelques commandes de décoration qu'elle reçoit, l'agence Ecart va se concentrer sur ce qui va faire la véritable notoriété d'Andrée Putman, à savoir la réédition de mobilier. C'est donc davantage grâce à son goût pour le mobilier des années trente, jusqu'alors très rare dans les intérieurs bourgeois, que grâce à ses créations - elle même n'en a par ailleurs jamais réellement fait - qu'elle va gagner une première reconnaissance sur le plan international. Andrée Putman acquiert peu à peu de nombreuses licences de prestigieux designers parfois oublié (à l'époque) tels que Jean-Michel Frank, Eileen Gray, Pierre Chareau ou encore Robert Mallet-Stevens, dont la réédition de sa fameuse chaise en fer a un retentissement majeur, encore visible aujourd'hui.

A vos débuts, vous avez plaidé pour que l'esthétique soit prise en compte dans les objets de la vie quotidienne, en proposant notamment des créations pour Prisunic. Vous vouliez démocratiser la beauté?

La beauté n'a rien à voir avec le prix des choses. Les guerres et les désastres humains sont souvent liés à des consciences chargées d'envies et lourdes des difficultés d'une vie modeste. Mon idée, c'était que des gens qui n'avaient pas d'argent puissent avoir des détails de leur vie quotidienne revus par des gens du métier qui viennent les apaiser, simplifier leur existence, y introduire un petit ferment. Comme cet objet destiné à servir le café tous les matins: il peut être le fruit de l'amour de quelqu'un qui l'a travaillé, l'a amélioré, qui a imaginé un nouveau dessin pour le bec qui empêche la goutte de tomber. Je crois que tout le monde tire bénéfice d'un bel objet. C'est peut-être naïf, mais c'est comme cela que ça se passe dans la vie.

Qu'est-ce que le bon design, selon vous?

Le bon design, c'est l'histoire qu'évoque l'objet. Une râpe à gingembre, par exemple, évoque pour moi une jeune Européenne qui tombe amoureuse d'un Chinois et qui apprend la cuisine chinoise. Ce qui m'intéresse, c'est tout ce jeu de l'histoire que l'on peut raconter. Dans mon travail, il y a toujours une histoire. J'aime qu'un objet fasse des farces, qu'il soit surprenant en plus de sa qualité technique, comme un escalier conçu comme un collier.

C'est aussi vrai pour une maison?

Oui. J'aime comment on contredit une idée, comment on s'empare d'un matériau industriel pour le détourner. Nous avons été les premiers à utiliser des matériaux qui iraient aussi bien pour une robe du soir que pour une porte. Dans un projet, par exemple, nous avons volé au Midi l'atmosphère de ces rideaux de perles à la porte des maisons. Mais, au lieu de les concevoir en bois, nous les avons fabriqués en cristal. Alors, quand on passe dans la pièce à côté, on écarte le rideau comme si on nageait, on entend la musique du cristal, puis on aperçoit la silhouette de la personne que l'on aime le plus au monde. On écarte cet écran, et tout à coup s'écrit une nouvelle. Comme un jeu entre les personnages. Toute une imagination faramineuse peut ainsi s'incruster sur un décor ou le susciter. Toujours il y a une histoire.

Comment s'est formé votre regard?

J'étais la fille d'une femme excentrique. J'avais des chaussettes rouges, notre mère nous habillait en écossais avant la mode. Ma sœur et moi étions les martyres dans les petites classes. J'ai également vécu dans le milieu extraordinaire de l'abbaye cistercienne de Fontenay, en Bourgogne, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, où je passais tous mes étés. C'était quelque chose d'éblouissant et en même temps cela m'a pesé.

«Pourquoi se sent-on bien dans un lieu ? J'ai travaillé toute ma vie sur ce mystère»

Pourquoi pesé?

Parce que, petite fille, je pensais qu'on en avait chassé les moines et qu'on avait volé leur maison!

Très tôt, vous vous lancez dans la réorganisation de votre chambre, que vous dépouillez, mais vos parents, très grands bourgeois, laissent faire...

Je suis la fille de deux moutons noirs qui, même s'ils pouvaient être choqués, étaient fiers de moi. Mais j'ai aussi compris très tôt qu'il était important que les vêtements d'une femme ne contredisent pas la décoration de la maison. Grâce à ma mère, qui avait une énorme personnalité, j'ai réalisé que toutes les conventions d'un milieu social élevé et austère étaient à revoir. Porter un uniforme conforme à son milieu me décevait. Je pensais que c'était un manque d'énergie et de soin. Il faut s'affranchir de la peur du mauvais goût. Une maison doit d'abord avoir de l'esprit. Souvent, j'ai choqué mon milieu.

C'est pour cela que vous associez souvent des choses a priori totalement étrangères?

Oui. J'aime jongler avec le pauvre et le riche, jouer avec les apparences. C'est parce qu'un meuble ou un objet est pauvre qu'on va justement le mettre à côté d'un meuble du style Sécession viennoise tellement beau. Dans mon travail, je veux qu'il y ait une plaisanterie cachée. J'aime faire des blagues. Je crois que je suis restée une enfant. Je joue avec les objets. Par exemple, j'ai des objets rouges à cause d'une histoire dans Bécassine où elle range tous les objets de la maison par couleurs. On aboutit alors à un hétéroclisme aigu. Il m'est arrivé de dire à mes enfants: «J'ai enfin compris pourquoi je fais ce métier: c'est à cause de Bécassine!»

Votre seul diplôme, c'est un premier prix de composition du Conservatoire, obtenu avec Francis Poulenc comme examinateur. Mais vous n'avez pas attendu pour changer de voie et passer de la musique à l'architecture.

La musique est restée très forte en moi. Il y a des musiques qui me transportent, que je trouve déchirantes, comme des compositions de Sibelius ou de Richard Strauss. Dans la musique, il y a la géométrie, la ligne horizontale, c'est-à-dire le récit, l'air. Mes projets sont des portées avec énormément de notes qui courent sur cinq petites lignes. La musique, c'est le fil. J'en écoute lorsque je dessine.

Lorsque vous acceptez un projet pour un client privé, comment devinez-vous ce qui lui plaira?

J'ai une trace de regret de ne pas être psychanalyste! Mon travail est très proche de ce métier-là. La relation avec le client, ça peut être très violent. Si cela se passe bien, il vous adore complètement. S'il y a déception, cela prend très vite une sale tête parce que vous avez touché quelque chose de sensible, un peu comme une auscultation qui fait mal. Je comprends tellement de choses sur mes clients en les observant, et je leur pose des questions sur eux, mais sans être trop intéressée. Parfois, vous ne connaissez pas l'incident dans la vie de la personne qui fait que soudain la couleur lui est devenue insupportable. Parfois, une grande marée de blâmes peut vous tomber dessus.

Le succès tient à peu de chose…

J'ai parfois eu des satisfactions avec des tout petits faits bizarres. Un jour, à l'hôtel Morgans, à New York - que je venais de concevoir - une femme pas aimable du tout m'a dit: «J'ai loué une chambre dans cet hôtel pour finir mon roman parce qu'il y a trop de bruit chez moi, et, alors que je suis ici depuis huit jours, je viens tout juste de découvrir qu'il y avait un dessin sur le tapis. Comment faites-vous pour que l'on ne découvre un dessin qu'au bout d'un certain temps?» C'était mon plus beau cadeau. J'ai travaillé tout au long de ma carrière pour comprendre le mystère de la raison qui fait que l'on se sent bien dans un lieu.

Certains savent dès le début ce qu'ils attendent de la vie. La vôtre est plutôt faite de zigzags. Vous commencez comme coursier pour le magazine de mode Femina, puis vous entrez à l'agence Mafia avec Maïmé Arnodin et Denise Fayolle, puis vous lancez Créateurs et Industriels, avant de créer votre société…

Mais la vie tient au hasard, à une bielle de voiture coulée lors d'un voyage avec un grand amour qui est en train de mourir. On est dans une étape agréable en Bourgogne et, à cause de la panne, on est présenté par son amant à un personnage. Dans la journée, il y a un choc électrique d'une telle dimension que vous allez passer vingt ans avec cette personne. C'est Jacques Putman, le marchand et collectionneur d'art, le père de mes enfants.

Vous avez dit un jour que vous ne conceviez la beauté qu'accessible à tous, comme «l'antidote à la mauvaise répartition des richesses».

J'ai toujours essayé de faire des choses sublimes, même si je n'ai pas toujours réussi. Il y a quelque temps, à Monaco, une femme a voulu prouver à ses frères qu'elle était beaucoup plus chic et audacieuse qu'eux. En me choisissant pour faire son appartement, elle m'a dit: «Tout ce que vous aimez le plus au monde, c'est pour moi.» Je me suis bien amusée à lui faire quelque chose de vraiment féerique, avec des moyens très larges. Récemment, les dirigeants du laboratoire Novartis de Bâle m'ont demandé d'aménager un magnifique bâtiment conçu par une Japonaise. Nous avons transformé ce cube de verre en conte de fées. Notre idée, c'est que, quand tout est triste, gris, il y a là un îlot de rêverie, de générosité, parce qu'il y a tant de détails qui accueillent le chercheur.

Vous avez même imaginé une jungle chez un particulier.

Pour de grands bourgeois milliardaires, j'ai créé une colonne de plantes dans le fuseau d'ascenseur de leur hôtel particulier. On ne voit que des plantes. Lorsque l'on touche les feuilles, on pense que, d'une seconde à l'autre, des lézards vont envahir la pièce. On est dans la jungle. Ce sont des idées qui me traînent dans la tête. J'aime beaucoup prendre des risques.

Y a-t-il un objet que vous auriez aimé créer?

Non, parce qu'un objet se crée au gré des usages. Tant que je n'en ai pas envie pour mon propre usage, je ne sais pas faire. Il faut que je sois la première cliente enthousiaste. J'ai dessiné des bijoux, mais moi-même, je porte un collier que j'ai trouvé par terre il y a quarante-cinq ans. Il est fait de vis et il est autour de mon cou chaque jour.

C'est quoi, finalement, le fameux «style Putman»?

J'ai moi-même du mal à le définir. Je crois que c'est la désinvolture qui donne la liberté de juxtaposer des choses qu'on n'avait encore jamais mêlées. Comme j'aime beaucoup les objets, j'en ai eu des très beaux, connectés entre eux par des liens surprenants. Il y a des petits archipels constitués par des objets liés par leur couleur ou leur sens ou encore leur technique. J'aime les fautes d'orthographe, les erreurs, les «ceci n'appartient pas ici». Je vais vous raconter une histoire à propos de ce «style Putman». J'étais au Brésil et une télévision était allumée. On passait un feuilleton, et tout à coup j'entends un des personnages dire: «Excuse-moi, chéri, il y a Andrée Putman sur l'autre ligne. J'ai finalement décidé de lui confier la maison.» L'idée qu'au Brésil il y ait un personnage de telenovela qui dise cela m'a complètement réveillée. Je n'ai aucune idée de ma position. Et cela met aussi en lumière quelque chose d'un peu triste: c'est le nom qui décide les gens.

www.andreeputman.com

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